2.1/ Le langage de référence

 

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La langue de référence des fans de Corée est bien entendu le coréen. La plupart d’entre eux ne savent pas parler cette langue, mais ils connaissent pratiquement tous le vocabulaire de base de la K-pop et des dramas, c’est-à-dire les mots, phrases ou expressions qui reviennent le plus souvent dans ces différents médias. On pourrait établir un véritable « dictionnaire de la K-pop », qui comprendrait des transcriptions phonétiques (car une bonne partie ne savent pas déchiffrer l’alphabet coréen, hangul) de différents mots tels que Oppa, 오빠 (signifie littéralement « grand-frère » mais est plus largement utilisé par les jeunes femmes lorsqu’elles s’adressent à des hommes plus âgés), hyeong, (« grand-frère » utilisé uniquement entre hommes, par forcément de la même famille), unni, 언니 (« grande-sœur », utilisé par les femmes pour parler à des femmes plus âgées), noona, 누나 (« grande-sœur », utilisé par les hommes pour appeler une femme plus âgée), sunbae, 선배 (« senior »), aegyo, 애교 (faire une action dite « mignonne »),salanghae, 사랑해 (« je t’aime »), 귑다, kyeobda (« être mignon ») ect… C’est donc un véritable langage codé qui distingue les personnes passionnées par ce pays.

 

2.2/ Les valeurs communes & goodies

Les valeurs communes de la K-pop sont celles prônées par les différents groupes. C’est avant tout la culture coréenne, et plus largement asiatique, qui est mise en avant. Politesse, hiérarchie, culte de l’apparence, relation hommes-femmes romantique, nourriture, vêtements, jeux, humour, tout devient made in Korea, les fans s’approprient les nombreux aspects de cette nouvelle culture, s’en imprégnant pour approcher leur idéal. La Korean Wave est également un phénomène produit, industrialisée par la Corée elle-même. Les sociétés de films, de dramas et bien d’autres ont remarqué l’aspect positif de l’exportation de la culture coréenne, pas seulement pour l’économie mais aussi pour l’image de la nation. Elles ont alors demandé de l’aide au gouvernement, argumentant que la culture était désormais une arme puissante. Ce n’était plus qu’une question de temps avant que le gouvernement ne joue un rôle primordial dans ce projet.  Les entreprises coréennes ont pu dès lors profiter de ce succès en s'implantant sur des marchés inespérés : cosmétique, textile, gadgets électroniques, la Corée, devenue une nation « branchée », attire par sa seule évocation les jeunes en recherche de modernité.

 Il faut donc désormais posséder la Corée, ses goodies, mais aussi ses valeurs, ses nouvelles technologies, ses vêtements, comme une nouvelle mode, c’est un pays tout entier que l’on observe pour savoir comment être à la page. Et pour ne jamais lasser ses admirateurs, les entreprises sont à la pointe de la technologie et de la recherche dans différents domaines, passant des téléphones portables aux cosmétiques.  

 

2.3/ Lieux et personnages de référence

 taiyou

Les lieux de référence de tous ces fans ? Le XIIIème arrondissement de Paris, et plus précisément le quartier de l’Olympiade, où se rassemblent tous les magasins surfant sur la vague culturelle asiatique. Les deux magasins, connus de tous, véritables temples de la K-pop où viennent se recueillir certains fans devant les écrans plats fixés au mur, sont Taiyou et Musica. Ceux qui connaissent ce quartier depuis longtemps y ont vu les marques progressives de la vague coréenne envahir les lieux. En effet, ces deux magasins, il n’y a pas si longtemps, vendaient des cartes Pokémon aux enfants du coin. Ils se sont ensuite orientés vers le Pays du Soleil Levant, suite à l’intérêt grandissant pour cette nation grâce aux mangas et diverses animes. Et, voyant la culture coréenne s’imposer en Asie, ils se sont mis depuis peu à vendre toute sorte de produits dérivés coréens, des CD de K-pop, des dramas, des trousses à l’effigie des stars, des stylos, des serviettes, des casquettes, des posters, ect. Régnant en maître sur cette industrie qui n’a pas encore atteint les marchés français, ils se sont imposés comme les deux magasins du genre, et voient aujourd’hui leur surface s’agrandir grâce à ce marché fructueux. Le troisième lieu de référence serait sans doute, et contre toute attente, l’INALCO. Car c’est désormais dans cette université que les passionnés viennent en nombre dans l’espoir d’apprendre la langue de leur pays de cœur.

Les personnages de références sont les stars coréennes, les chanteurs, acteurs, présentateurs, humoristes, tous ceux qui créent et alimentent les médias coréens. Ce sont eux qu’on regarde, eux qu’on imite, eux qu’on adore ou qu’on déteste. 

 

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Photo 1 : naver
Photo 2 : taiyou.fr
 
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